M. Johnnie Carson rapporte d’Afrique des histoires de réussites et d’épreuves
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Écrit par Charles W. Corey- America.gov

Washington – De retour d’une longue tournée en Afrique subsaharienne, le principal responsable pour ce continent au département d’État a déclaré qu’il avait été le témoin de nombreuses réussites encourageantes dans toute la région.
Également au sujet du Soudan, M. Carson a fait état de la nécessité urgente de mettre fin à la crise humanitaire et politique au Darfour. Il s’est en outre félicité des « progrès significatifs vers l’amélioration des relations » entre le Tchad et le Soudan et il a indiqué que les États-Unis espéraient vivement que ces progrès allaient contribuer à la fois à la stabilité et au retour d’une situation normale au Darfour.
Lors d’un entretien accordé le 28 février au président et fondateur d’AllAfrica Global Media, M. Reed Kramer, le secrétaire d’État adjoint aux affaires africaines, M. Johnnie Carson, a passé en revue son récent voyage qui l’a mené au Ghana, au Nigéria, au Bénin, au Togo et en Éthiopie avant d’aborder les priorités de la politique américaine et les divers développements sur le continent.
« Au Ghana, le président John Atta-Mills a fait preuve d’un talent de direction extraordinaire au cours de sa première année et demie à la tête du pays », a dit M. Carson à son interlocuteur. « M. Atta-Mills continue de placer les intérêts de son pays et de son peuple au-dessus de tout et je pense que les choses se passent très bien pour les Ghanéens. »
Le Ghana devrait devenir un important producteur de pétrole au cours des deux prochaines années, prévoit M. Carson. « Je crois qu’ils ont appris que les hydrocarbures peuvent être à la fois une bénédiction et un fléau. Ils savent qu’il y a deux façons de s’y prendre : adopter le modèle norvégien ou adopter le modèle nigérian. Le pétrole a été un avantage extraordinaire pour la Norvège et ses citoyens, leur offrant des possibilités économiques accrues et contribuant à les rendre plus prospères et mieux éduqués.
« Au Nigéria, le pétrole a été une malédiction ; il a transformé le Delta du Niger en catastrophe écologique et entraîné un conflit », a expliqué M. Carson. « Les Ghanéens s’en rendent compte et je pense qu’ils seront de bons intendants de leur pétrole et de bons intendants de leurs ressources. Je crois qu’ils exploiteront les ressources de leur pays sur la base de principes démocratiques fermes et c’est une très bonne chose. Le cas du Ghana représente de bonnes nouvelles. »
Une autre bonne nouvelle nous vient du Bénin, a dit le secrétaire d’État adjoint à M. Kramer. « On a tendance parfois à oublier les petits pays où les choses se passent remarquablement bien. Le Bénin, sous la direction démocratique de l’actuel président, M. Yayi Boni, utilise ses ressources de manière avisée et au profit du peuple. Les Béninois bénéficient depuis longtemps d’un accord avec la Société du compte du millénaire (Millenium Challenge Corporation ou MCC), ayant été l’un des premiers pays à signer un tel accord, ou pacte, et ils ont mis à profit les fonds de la MCC de manière extraordinaire, notamment dans l’agriculture, l’infrastructure et dans des projets d’affaires. Ils espèrent couronner de succès les projets en cours et faire une autre demande auprès de la MCC », a indiqué M. Carson.
« Nous oublions que dans les années 1960 et 1970, il y a eu plus de coups d’État au Bénin que dans presque n’importe quel autre pays d’Afrique à part le Nigéria », a rappelé M. Carson. « Mais au cours des deux dernières décennies, nous avons vu plusieurs élections démocratiques avoir lieu les unes après les autres. Nous avons vu le président Mathieu Kérékou remporter la victoire. Nous avons vu le président Nicéphore Soglo en faire de même. Nous avons été témoin du retour au pouvoir de M. Kérékou. Et le mérite en revient au peuple béninois. »
Puis M. Carson a parlé de son séjour au Togo, un pays situé entre deux États démocratiques, en l’occurrence le Bénin et le Ghana. Les États-Unis espèrent, a-t-il dit, que les élections togolaises du 4 mars seront bonnes elles aussi. « Le Togo se trouve actuellement à un carrefour et si (…) ces élections se révèlent libres et équitables, il pourra avancer alors vers une démocratie plus représentative qui consacrera davantage de temps à bâtir l’économie du pays et à rétablir son infrastructure vitale. »
M. Carson s’est ensuite félicité des tendances démocratiques et en faveur du développement en Afrique du Sud, au Botswana, au Libéria, en Zambie, en Tanzanie, au Mali, au Cap-Vert et à Maurice. « Il y a un grand de nombre de pays qui méritent nos compliments pour les progrès qu’ils ont accomplis », dit-il.
L’intervieweur de M. Carson lui a demandé si à son avis les États-Unis pouvaient encourager les progrès politiques et économiques sur le continent. Ce diplomate de carrière a répondu que ceux-ci pouvaient se réaliser moyennant de la bonne volonté politique, des encouragements, un soutien constant à la société civile et aux principes démocratiques, un dialogue permanent avec les membres de l’élite politique et un appui durable à la presse indépendante. Ce qu’il faut aussi, a dit M. Carson, « c’est être prêts à mettre nos ressources et notre argent sur la table afin de contribuer à l’avènement de réformes – celles qui se feront au niveau institutionnel et renforceront la démocratie. Nous devons apporter au dialogue les ressources qui peuvent avantager ces réformes. »
Néanmoins, a averti M. Carson, « si nous voyons des gens qui ne font pas les choses comme il faut, des gens qui sapent les valeurs de la démocratie, des gens qui sont corrompus, nous devrons non seulement prendre du recul à leur égard mais aussi les critiquer en soulignant les principes afférents. Nous devons être engagés et devons encourager les autres à l’être également. C’est absolument essentiel. »
Au regard du Nigéria, M. Carson a dit : « L’élite politique nigériane a fait un choix stratégique et l’a fait en faveur de la démocratie. Elle l’a fait en faveur d’un effort visant à trouver une solution acceptable pour le nord et le sud du pays comme pour l’est et l’ouest, dans le but d’établir la stabilité, le constitutionalisme et la primauté du droit, mais aussi pour déterminer comment au mieux la succession à la présidence devra se faire en cas de situation défavorable imprévue. « Nous espérons que cette période difficile que les Nigérians traversent et qui met à l’épreuve leurs jeunes institutions démocratiques, finira par leur donner la force, la trempe nécessaires pour aller de l’avant. »
Par rapport au récent coup d’État au Niger, M. Carson a déclaré : « Tous les coups d’État sont mauvais, qu’ils soient du genre extrajudiciaire comme celui que le président Tandja a dirigé en décembre ou comme celui des militaires la semaine dernière. Ils visent tous à promouvoir les intérêts de petits groupes de la population pour avancer leurs propres intérêts. »
Les États-Unis ont fermement désapprouvé les mesures prises par le président Tandja en décembre pour prolonger son mandat, a souligné M. Carson. « Si les personnes responsables de l’intervention par l’armée croient vraiment à la démocratie, elles doivent établir un calendrier rapide en vue d’un retour immédiat de la gouvernance démocratique. En outre, elles doivent suivre la norme de l’Union africaine selon laquelle aucune personne impliquée dans le coup d’État ne doit briguer de poste électif. On ne saurait permettre à ceux qui démolissent de bénéficier de la reconstruction. »
Au sujet de la Guinée, M. Carson s’est dit optimiste : « Un gouvernement de transition, dirigé par des civils, est au pouvoir. L’armée a pris du recul. Aucune des personnes qui ont participé au coup d’État ou aux événements violents qui se sont produits [lors d'une manifestation en faveur de la démocratie] à la fin de septembre dans le stade ne sera autorisée à présenter sa candidature, et l’engagement tient toujours, chez toutes les parties, de tenir des élections dans un délai de six mois. »
Tout le monde paraît soutenir les Accords de Ouagadougou conclus sous la médiation du président Blaise Compaoré, a-t-il déclaré, soulignant l’importance de la surveillance que devaient continuer à exercer la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et la communauté internationale en Guinée. Le secrétaire d’État adjoint a ajouté qu’il serait en faveur de l’envoi dans ce pays d’une petite force civile et militaire d’observation de la CEDEAO. « Elle fournirait des yeux et des oreilles diplomatiques supplémentaires à la CEDEAO. Elle apporterait confiance et encouragement à la population civile, qui a déjà été trahie par le passé. Sa présence ferait savoir aux militaires que leurs actions seraient observées par la communauté internationale. »
Interrogé au sujet des objectifs prioritaires des États-Unis à l’égard de la Corne de l’Afrique, le secrétaire d’État adjoint a dit que le dossier le plus important se rapportait au Soudan, « où nous comptons sur la pleine application de l’Accord de paix global entre le Nord et le Sud. » En particulier, les États-Unis s’attendent fermement à ce qu’ait lieu en janvier 2011 un référendum qui permette aux habitants du Sud-Soudan soit de rester rattachés au Soudan soit de voter pour l’indépendance. « S’assurer que l’Accord de paix global soit appliqué, que le référendum se tienne et que le peuple ait la possibilité de faire son choix, c’est là un objectif prioritaire dans cette région », a-t-il souligné.
Également au sujet du Soudan, M. Carson a fait état de la nécessité urgente de mettre fin à la crise humanitaire et politique au Darfour. Il s’est en outre félicité des « progrès significatifs vers l’amélioration des relations » entre le Tchad et le Soudan et il a indiqué que les États-Unis espéraient vivement que ces progrès allaient contribuer à la fois à la stabilité et au retour d’une situation normale au Darfour.
Le deuxième grand dossier dans la Corne d’Afrique a trait à la Somalie, a déclaré M. Carson. « Nous continuons d’appuyer le processus de Djibouti, le gouvernement fédéral de transition et le gouvernement de Sharif Cheikh Ahmed. Il importe, à notre avis, de mobiliser tout le soutien possible en faveur de ce processus afin de le consolider et de donner à la Somalie la possibilité de se sortir de son cauchemar politique et sécuritaire qui dure depuis deux décennies. Nous appuyons les efforts de l’Amisom (Mission de l’Union africain en Somalie) et espérons que davantage de pays les soutiendront aussi. »
La troisième question prioritaire a trait au Kenya. Les États-Unis souhaiteraient que la situation progresse dans ce pays, a dit M. Carson, qui a ajouté une quatrième priorité américaine, à savoir des relations plus équilibrées, plus larges et plus complètes avec l’Éthiopie.
« Nos relations avec l’Éthiopie en matière de sécurité sont excellentes. Nous voudrions entretenir avec ce pays un dialogue sur des questions essentielles relatives au développement économique, à la démocratie et aux droits de l’homme. Nous souhaitons que nos relations dans tous ces domaines soient aussi significatifs, importants et bons que ne le sont nos relations sécuritaires. Ce n’est pas un jeu de somme nulle. Le gâteau est assez gros pour qu’on puisse l’agrandir encore, mais nous souhaiterions voir des choses encore bien plus positives se produire, surtout sur le plan économique. »
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source : http://www.lejourguinee.com